jeudi 22 décembre 2016

[Lecture] Eleanor and Park de Rainbow Rowell (2012)

En ce soir de Décembre, à quelques jours de Noël, Kowalski se remit à blogger ! En effet, la demoiselle passe ses fêtes de fin d'année chez ses parents et trouve -enfin- le temps d'écrire... un peu.
Ce soir, je vous donne mon avis sur Eleanor and Park de Rainbow Rowell, publié en 2013.



Park est un Asian American. Son père est un vétéran de la Guerre de Corée, sa mère possède un salon de coiffure. Le garçon aime les comics et la musique alternative des années 1980. Eleanor vient d’arriver au lycée. Elle est victime, très rapidement, de l’harcèlement des autres élèves. Mais, ces deux-là se retrouvent assis l’un à côté de l’autre dans le bus scolaire. C’est l’histoire de deux adolescents qui se rencontrent et qui tombent amoureux.

Je lis très peu de littérature YA même si j'affectionne particulièrement les romans jeunesse de Roald Dahl comme Les Sorcières ou encore Matilda ainsi que mes bons vieux Harry Potter. Cependant la couverture d'Eleanor & Park, que je trouve très réussie, a attiré mon attention lors de mes multiples vagabondages dans les rayons des librairies dublinoises puis chez Gibert Joseph. 

J'espérais découvrir une mignonne romance avec une fin douce-amère qui me rappelerait le film (500) days of Summer : l’histoire d’un garçon qui rencontre une fille avec la musique des Smiths en fond. Mon sentiment s’est vérifié en parti même si on ne trouve aucune trace de la manic pixie dream girl incarnée par Zooey Deschanel à l’écran. Pour rappel, la MPDG est un personnage féminin qui sort tout droit de l’imagination d’auteurs masculins et qu’on retrouve plus familièrement au cinéma. Il s’agit d’une jeune femme excentrique qui aide le héros à trouver un sens à sa vie alors qu’il est en proie à la mélancolie. Eleanor est à l’opposé du stéréotype, ce qui m'a agréablement surprise. Elle est différente des héroïnes classiques de YA  que j'ai pu rencontré jusqu'à maintenant. En effet, elle se présente comme une jeune fille mal dans sa peau, devenue le souffre-douleur de ses camarades de classe. Il faudra attendre sa rencontre avec Park pour qu’elle s’ouvre et s’épanouisse. Malheureusement, Eleanor se révéle être un personnage principal peu charismatique. Rowell a voulu dépeindre le quotidien de la jeune fille, qui certes est peu réjouissant mais l'autrice joue bien trop avec la sensibilité de son lectorat en l’affublant de ce qui semble être, tous les malheurs du monde. 

Des exemples de MPDG au cinéma

La description des poc (People of Color) m'a également posé problème. J’ai été très enthousiaste de voir que le personnage masculin principal est d’origine coréenne mais Rowell en profite pour accumuler les clichés sur la communauté asiatique aux Etats-Unis plutôt que de creuser la personnalité de Park. Certains passages où elle décrit sa couleur de peau ou ses yeux bridés, m'ont paru bien maladroits et involontairement (du moins, je l’espère) offensants. 

Il a de nouveau rigolé. Son visage se métamorphosait quand il riait. Il n’avait pas de fossettes à proprement parler, mais ses joues se repliaient sur elles-mêmes, et ses yeux disparaissaient presque. (p.74)
Je suis ravie d'apprendre que mes yeux disparaissent lorsque je ris ! De plus, Park est un nom de famille coréen et non un prénom comme le suggère l'autrice. Il aurait été intéressant que Rowell évoque le thème du racisme et de l’intégration avec la famille du jeune garçon, qui sont les seuls asiatiques du quartier par exemple.

On l’aura compris, Eleanor & Park est un roman que j'ai lu aussi vite que je l'ai oublié. La romance entre les deux adolescents m’a laissée indifférente. Je n’ai pas trouvé qu’elle soit arrivée trop vite comme j’ai pu le lire sur certains blogs littéraires, ni particulièrement niaise. Cependant, j’ai préféré suivre l’évolution des relations qu’ils tissent avec leurs familles respectives. Le roman traite de thèmes graves, propres à l’adolescence mais qui restent en surface, pour la majorité. Je ne peux pas juger de l’écriture de Rowell car j’ai lu la traduction française mais l’idée d’alterner le point de vue des deux personnages pour donner envie au lecteur de tourner les pages est bien trouvée (en tout cas, ça a bien fonctionné sur moi).

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