samedi 7 janvier 2017

[Irlande] Coláiste na Tríonóide*

(*ou Trinity College en gaélique irlandais)

Hej,

Cette semaine, ce sont les 30 ans du programme Erasmus. Je fais partie de ces cinq millions d'étudiants qui ont eu l’opportunité de vivre à l'étranger. Il y a trois ans, j'étais partie étudier en Irlande pendant un an, dans le cadre de ma troisième année de LLCE Anglais. Pour fêter dignement l'anniversaire de l'ami Érasme, je souhaitais revenir sur certains points de cette expérience. 


L'entrée principale
Vivre à l'étranger a toujours été une évidence. J'ai grandi en regardant l'Auberge Espagnole de Cédric Klapisch puis j'ai vu la plupart de mes amis partir les uns après les autres vers des destinations plus ou moins lointaines. Il me tardait donc, de tenter l'expérience. Je poursuivais une double licence en Lettres-Anglais en décalé au moment de postuler et mon seul souci était de savoir si je partais un semestre au cours de ma L2 de Lettres (ce qui m'aurait obligée à mettre en parenthèse mes études d'anglais) ou partir un an en L3 de LLCE Anglais, ce qui aurait retardé mon départ de deux ans. Je me suis rapidement tournée vers le premier choix car je souhaitais partir au plus vite pour améliorer mon niveau d'anglais. L'UFR de Lettres de ma fac proposant peu d'accords avec des universités anglaises, j'ai décidé de postuler pour un échange d'un semestre en Norvège. Cependant, le Bureau des Relations Internationales m'a très vite expliqué que le partenariat avec l'université d'Oslo devait être annulé cette année même, faute d'étudiants intéressés. Même si j'ai été extrêmement déçue sur le coup, j'ai interprété ce refus comme un signe du destin et ai fini par postuler pour un échange dans le cadre de ma LLCE Anglais. Après avoir déposé mon dossier de candidature, qui incluait une lettre de recommandation et un entretien entre autre, j'ai appris que j'ai été acceptée à Trinity College, Dublin en Février 2013.


Je devais inscrire trois vœux dans mon dossier. Après avoir consulté la liste des échanges disponibles sur le site de mon UFR, mon premier choix s'est tourné assez naturellement vers Trinity College. J'ai choisi de m'envoler à Dublin pour trois raisons principales. J'étais sur le point de quitter le domicile parental pour une destination inconnue et je n'étais pas prête à chambouler certaines de mes habitudes : je voulais absolument m'installer dans une capitale européenne. De plus, ayant déjà été en Angleterre, j'avais envie de découvrir un pays et une culture différente. Enfin, étant une grande admiratrice du génie et des œuvres d'Oscar Wilde, je connaissais déjà TCD de nom et de réputation puisque l'auteur irlandais y a étudié pendant trois ans (1871 - 1874). Par la suite, j'ai appris que Jonathan Swift, Bram Stocker (le papa de Dracula) Samuel Beckett ou encore Jack Gleeson (mais si, vous savez Joffrey Lannister dans la série Games of Throne !) ont fréquenté l'université. Trinity College abrite également la fameuse bibliothèque qu'on retrouve régulièrement dans les classements des plus belles bibliothèques du monde. Ce même lieu a aussi servi d'inspiration pour les décors de certaines scènes de l'épisode II de la saga Star Wars. Bref, l'Irlande était l'endroit tout indiqué pour une première expatriation réussie.  


Mon université m'a donné carte blanche pour choisir mes modules. J'ai lâché les cours de traduction, de civilisation et de phonétique sans aucun regret pour me faire plaisir avec les cours proposés par le département de littérature anglaise et d'histoire de l'art. Mon année à TCD a été une des expériences intellectuelles les plus stimulantes de ma vie (que c'est pompeux !). J'ai eu la possibilité d'étudier des sujets qui commencent seulement à être abordés en France comme la littérature populaire mais j'ai aussi eu l'occasion de découvrir un aspect culturel du pays grâce à des professeurs passionnants et passionnés par la littérature irlandaise. J'ai appris bien plus en neuf mois qu'en trois ans à essuyer les bancs de la fac de lettres ! La majorité des enseignants que j'ai rencontrés semblaient être portés par l'envie de transmettre leurs connaissances. Je me souviens encore de mon professeur de littérature victorienne qui établissait des parallèles entre la culture anglaise au XIXème et celle d'aujourd'hui, allant jusqu'à prendre Miley Cyrus ou Fifty Shades of Grey comme référence. 

De façon plus générale, j'ai découvert qu'il était possible d'avoir une approche moins élitiste et intellectuelle des études littéraires. Alors qu'en France, nous avons pour habitude d'étudier un ou deux ouvrages par semestre, le programme est beaucoup plus chargé en Irlande. La majorité les professeurs étaient spécialisés dans un domaine précis. Nous abordions un roman ou des textes différents chaque semaine et dans chaque cours. Certains étudiants en échange ont été déroutés par ce système car nous ne prenions pas le temps d'analyser de manière approfondie les œuvres au programme. J'ai plutôt aimé cette manière de fonctionner, qui nous permettait d'avoir une vision exhaustive d'un courant, d'une période ou d'un genre littéraire. En conséquence, j'ai énormément lu cette année-là et un peu partout, que ce soit dans mon lit, au café en bas de chez moi, à la bibliothèque universitaire ou encore dans le car lorsque j'étais sur les routes et c'était un peu, beaucoup trop génial.


A deux pas de l'entrée de la Berkeley Librairy
Bien souvent, l'année en Erasmus rime avec vacances et soirées. J'ai bien entendu énormément voyagé mais l'année scolaire était loin d'être synonyme de farniente ! Je n'avais qu'une douzaine d'heures de cours par semaine mais je passais autant de temps à approfondir mes connaissances avec des lectures complémentaires.  En effet, pour valider chaque module, nous devions rédiger un essay à la maison ou en temps limité. Mes dernières semaines en Irlande se sont résumées à des révisions intensives à la bibliothèque pour préparer les examens du premier et second semestre qui se sont déroulés sur la même période.  
Cette année-là, j'ai commencé à développer un esprit critique vis-à-vis des livres que je lis. Mes cours étaient généralement divisés en deux parties : la première se déroulait dans un amphithéâtre tandis que nous étions réunis par groupes de 9 ou 10 étudiants en TD. Alors que le système universitaire français m'avait habituée à écouter l'enseignant en prenant des notes, j'ai très vite réalisé que les étudiants irlandais étaient beaucoup plus à l'aise à l'oral que je ne l'étais. En effet, en plus d'étudier des auteurs en TD, les chargés de cours n'hésitaient pas à faire un tour de table pour demander notre avis sur le livre abordé en amphi. Il m'est arrivé de ne rien trouvé à dire, de balbutier ou encore de commencer à éprouver un sentiment de panique avant de sortir la première bêtise qui me passait par la tête ^^.

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