samedi 8 avril 2017

[Lecture] La Voleuse de Livres de Markus Zusak (2005)



Hej,

Aujourd'hui on se retrouve pour un nouvel article tout beau, tout neuf. En effet, je viens de terminer The Book Thief (La Voleuse de Livres en VF) qui a été publié en 2005. Le livre a beaucoup fait parlé de lui lorsque son adaptation américano-allemande est sortie au cinéma en 2014. Cela faisait longtemps que je voulais me lancer dans cette lecture. J'ai donc profité de mes derniers jours à Berlin pour me plonger dans le roman de Markus Zusak. 


The Book Thief est un roman que j'ai dévoré mais qui m'a surprise sur plusieurs points. J'ignorais les grandes lignes de l'histoire puisque je l'ai lu sur ma liseuse sans avoir regardé le résumé de la quatrième de couverture. Ainsi, je pensais me retrouver avec une histoire sombre avec pour thème une jeune femme qui lutte contre la propagande de Goebbels en sauvant les livres des autodafés. En réalité, The Book Thief est un roman d'apprentissage où on suit le personnage de Liesel qui découvre l'importance et le pouvoir des mots grâce à la lecture puis à l'écriture.  La jeune fille n'est pas "une voleuse" au sens littérale du terme, ce sont les livres qui viennent à elle : elle les trouve alors qu'ils sont abandonnés, c'est son ami Max ou la femme du maire qui les lui donnent. Même si Liesel est attachante et incroyablement maligne, j'ai eu des difficultés à apprécier le personnage car j'ai trouvé ses réactions peu réalistes à certains passages.

Liesel et ses parents adoptifs (extrait du film The Book Thief de Brian Percival)

Il n'empêche que ce roman est prenant, les chapitres s'enchaînent vite et le style de Markus Zusak est accessible même en anglais (d'ailleurs, on a tendance à ranger The Book Thief dans la catégorie YA pour cette raison). J'ai eu des difficultés à lâcher cette lecture car un de ses points forts réside dans sa narration qui est... particulière. En effet, l'histoire est racontée par la Mort (on se croirait chez Terry Pratchett ^^). Et comme chez Terry Pratchett, la Mort n'est pas décrite comme un personnage effrayant : il (oui, pour moi la Mort est un homme !) est cynique, philosophe, drôle et même compatissant par moments. La Grande Faucheuse ne se contente pas uniquement de nous raconter l'histoire de Liesel mais aussi celle des autres personnages en spoilant avec des flash forwards ! Plus on avance dans le récit, plus il nous donne des indices sur leurs destins, piquant ma curiosité au vif. De même l'histoire racontée par la Mort nous permet de découvrir le quotidien de la ville de Molching mais aussi ce qui passe pendant la Nuit de Cristal (9-10 Novembre 1938), au front ou pendant la bataille de Stalingrad. 
"It's probably fair to say that in all the years of Hitler's reign, no person was able to serve the Führer as loyally as me. A human doesn't have a heart like mine. The human heart is a line, whereas my own is a circle, and I have the endless ability to be in the right place at the right time. The consequence of this is that I'm always finding humans at their best and worst. I see their ugly and their beauty, and I wonder how the same thing can be both. Still, they have one thing I envy. Humans, if nothing else, have the good sense to die. "
The Book Thief m'a également éclairée sur des aspects de la Seconde Guerre Mondiale que je connaissais moins. Alors que j'ai lu davantage de récits sur les camps de concentration ou sur le front, l'histoire se déroule dans une petite ville allemande. L'auteur nous décrit le quotidien des familles qui attendent des nouvelles d'un enfant mobilisé, la difficulté de trouver de quoi manger mais aussi l'organisation des Jeunesses Hitlériennes à travers Liesel et son meilleur ami Rudy. Avec l'arrivée de Max, on découvre les dangers de cacher et de protéger un juif, les risques de se faire attraper par les troupes d'Hitler qui surveillent et s'introduisent à n'importe quel moment dans la vie des habitants. Zusak n'hésite pas à utiliser des mots de vocabulaire allemand (qui sont traduits, bien sûr), autant d'éléments qui apportent du réalisme à l'histoire. 

Le jeune Rudy devant la maison de Liesel
L'écueil d'une histoire larmoyante est évité grâce à une galerie de personnages variés. L'auteur prend son temps pour développer les relations qu'ils entretiennent. Par exemple les moments où Liesel fait les quatre cents coups avec Rudy apportent une touche d'insouciance au récit. Mon personnage préféré reste Rosa Hubermann, la mère adoptive de la petite fille, qui sous ses airs de mégère se révèle être une femme au grand cœur. J'ai particulièrement aimé suivre l'évolution de son amitié avec sa voisine Frau Holpzapfel. Malgré quelques longueurs, The Book Thief est un récit touchant où l'amitié et la solidarité sont célébrées. C'est donc un roman que je recommande vivement.

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